Economie numérique

Mardi 12 mai 2009
Le vote solennel de la loi Hadopi devrait avoir lieu cette après midi. On saura alors quel député aura eu le courage d'aposer son nom pour ou contre la loi.

Il y a peu de chances d'avoir à faire à un autre miracle, à savoir un rejet définitif de la loi.
Par contre, le Conseil Constitutionnel restera notre dernier rempart et censurera très certainements les dispositions anti démocratiques comme le logiciel espion gouvernemental obligatoire, le filtrage d'internet, et bien entendu, la suspension de la connexion tout en devant payer l'abonnement et en partant en taule.

En attendant, l'après Hadopi se dessine, et Robert Casterby de Numerama a élaboré une série d'antidotes à la loi :
(repris d'ici : http://www.numerama.com/magazine/12873_2-Hadopi-vote-solennel-des-deputes-vers-16H30.html#ac_newscomment)


http://www.dailymotion.com/user/sebmusset/...-lhadopi_webcam

LES ANTIDOTES contre HADOPI !!!!!


Antidote n°1 : Ne pas avoir peur

Oui la Science des Mathématiques est formelle :
HADOPI prévoit, en vitesse de croisière, 10.000 emails d'avertissement par jour.
Sachant qu'au moins 5 millions de français utilisent le P2P régulièrement, vous recevrez donc, en moyenne, un email d'avertissement tous les 500 jours soit tous les ....16 mois.
Sachant que les compteurs HADOPI sont remis à 0 tous les 6 mois, vous pouvez dormir tranquille ... PC allumé bien sur.
Sachant qu'HADOPI n'arrivera jamais à envoyer 10.000 mails par jour, vous pouvez même faire la grasse matinée.

Antidote n°2 : Contester systématiquement
Votre contestation est nulle car non prévue dans cette "loi".
Contestez quand même.
Réponses possibles au mail ou à la lettre :
-vous n'avez pas Internet,
-vous ne comprenez pas leur email,
-Satan a piraté votre Wifi,
-si ce n'est pas Satan, c'est son frère, ou sa s��ur, ou les 2,
-vous n'êtes pas un numéro, ni une adresse IP
-ce n'est pas votre IP mais celle du voisin (donnez un nom),
-à cette date là, vous étiez en vacances en Espagne (insérez des photos, minimum 10 Mo par photo),
-demandez leur si le mail vient bien de HADOPI car vous avez peur du phishing,
-vous ne voulez pas achetez leur produit car vous avez déjà un Hadopi chez vous,
etc ....

Aucun système administratif ne peut faire face à 20.000 contestations par jour : 10.000 x 2 car vous n'oublierez pas de contester par 2 mails séparés:
1 mail pour contester, 1 mail pour confirmer la contestation voire un 3eme pour leur demander s'ils ont bien pris en compte vos mails ou pour relancer ... etc.
La prévention c'est important : Contestez même si vous n'avez pas reçu de mails.
Essayez d'être aussi cons qu'eux, il y a encore de la marge.

En attendant, la mise en place de la Loi, vous pouvez vous entrainer sur ces emails :

* friester@assemblee-nationale.fr
* flefebvre@assemblee-nationale.fr
* pgosselin@assemblee-nationale.fr
* philippegosselin50@orange.fr


Antidote n°3 : Voter
Aux prochaines élections et ce jusqu'au retrait de cette «loi» :
Votons et catapultons les, loin, très loin, là-bas, sur la Lune.

Inscrivez vos élus fautifs à ce beau voyage : Par courtoisie, envoyez également un email à votre député pour l'informer que vous ne renouvellerez pas son CDD, ainsi que celui de ses collègues, à l'occasion des prochaines élections.


Antidote n°4 : Le Streaming Vidéo
* Facilité : 5/5
* Avantage : catalogue important
* Inconvénient : parfois beaucoup de publicité
* Suggestion : installer un câble HDMI entre le PC et la TV.


Antidote n°5 : La Musique en ligne
* Facilité : 5/5
* Avantage : catalogue important
Si, vous avez vraiment besoin du fichier mp3, voici une méthode imparable et indétectable :
Contourner Hadopi en 27 secondes sous Linux ou Windows :
http://www.mindoverflow.fr/2009/03/contour...en-27-secondes/

Télécharger 1 musique en streaming avec 1 ligne de code sous Linux
http://www.insolegeek.com/07/04/2009/telec...ode-sous-linux/

Antidote n°6 : Les sites de stockage en ligne
* Facilité : 4/5
* Avantage : catalogue important, méthode imparable (sauf à mettre en place une surveillance des flux qui n'est pas encore à l'ordre du jour).

Voici les 2 principaux sites de stockage :
RapidShare
MegaUpload

Voici les moteurs de recherche qui vont avec :
Fileonfire
GammaFiles

.... sans oublier les inévitables astuces :
MegaUpload : Télécharger sans limite et en simultané
http://www.sicw-news.com/2009/03/telecharg...-simultane.html

Upload Mirrors - Uploadez sur 12 sites de stockage en même temps !
http://www.insolegeek.com/09/04/2009/uploa...-en-meme-temps/

Antidote n°7 : Le P2P sécurisé

Omemo : Le méga serveur de fichier P2P
http://www.korben.info/jai-teste-pour-vous...chiers-p2p.html

Presse : La loi antipiratage se casse les dents sur le P2P crypté
http://www.lexpansion.com/economie/actuali...pte_156259.html

Antidote n°8 : Changer d'adresse IP

Cyber Résistance : Anonyme en 2 minutes
http://linuxmanua.blogspot.com/2009/03/cyb...-2-minutes.html
Double effet garanti : Non seulement vous êtes hors de portée des erreurs de l'HADOPI mais en plus cela va les faire chier.


Antidote n°9 : Neutralisation du Logiciel Espion d'HADOPI

Vous ne souhaitez pas que l'Etat espionne vos communications ?
Néanmoins, mettre sur son PC le logiciel espion d'HADOPI sera quasi obligatoire si vous souhaitez vous disculper en cas d'accusation erronée de HADOPI.

Voici la solution :
VirtualBox (Wikipedia) permet de faire tourner un 2ème système d'exploitation sur son PC. Autrement dit, il créé un second PC virtuel sur votre PC.

Installez VirtualBox (Windows, Mac, Linux) et enfermez y le mouchard d'HADOPI. Celui-ci sera donc bien installé sur votre PC mais il n'enregistrera rien.

Concernant ce fameux logiciel espion obligatoire, la confusion est encore totale : En effet, notre Ministre, Mme Albanel ne connait pas encore vraiment la différence entre logiciels parefeu, espion, antivirus, suite bureautique .. etc.

N'hésitez pas à les contacter pour savoir ou ils en sont :

Ministère de la culture et de la communication
3 rue de Valois - 75033 Paris Cedex 01
Téléphone : + 33 1 40 15 80 00 (7/7 24/24)


Antidote n°10 : Propagez massivement ces antidotes !
Par AxS/Natsume
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Mardi 14 avril 2009
On en entend parler de puis 2005, elle est défendue par le PS (la contribution créative) et par le député Nicolas Dupont-Aignan et de nombreux collectifs, et risque même de devenir ineluctable selon Jacques Attali.

La Licence Globale, qu'est-ce que c'est ?

C'est un principe simple :
On paye une certaine somme fixe chaque mois et en échange on peut télécharger sur internet n'importe quelle oeuvre auparavant protégée par les droits d'auteurs, sans pouvoir être inquiété.

C'est à l'opposé de la vente de CD/DVD qui consistait à payer l'objet à l'unité (et les "droits" d'écoute / de visualisation qui lui sont associés), ancien modèle qui s'écroule complètement actuellement face au fameux "téléchargement illégal" sur internet.

Donc en clair, pour quelques euros par mois (montant à définir... ça serait dans les 5-10€ selon les manifestants, 40€ selon Pascal Nègre), on pourra télécharger ce qu'on veut (et qu'on trouve) sur Internet, les différents ayants-droit se partageant la part du gateau.

La vente de contenu à l'unité : un modèle en perte de vitesse

Je crois que ça n'aura échappé à personne : le CD traditionnel est un produit dépassé. Ses ventes sont en chute libres depuis des années, et pourtant l'industrie du disque refuse catégoriquement de s'adapter aux nouveaux besoins, au point d'en favoriser le téléchargement "illégal".

La version légale en ligne n'arrive pas à la hauteur des espérances des majors, et est aussi dominée par l'ogre Apple avec son iTunes, qui avait réussi à imposer un tarif unique : 0.99€ le titre. (tarif renégocié récemment lors de l'abandon des DRM).

Ce modèle de vente à l'unité est directement menacé par le nouveau mode de partage permis par Internet : le moindre contenu diffusé au public est recopiable et rediffusable à l'infini, en particulier en dehors de tout contrôle des ayants droits originels.
Et il est impossible d'empecher ça, sauf à supprimer internet lui même : les DRM sont cassés dans les jours qui suivent leur sortie au point de n'emmerder que les clients honnêtes, et les tentatives de filtrage sont soit contournables, soit ont des effets de bords trop importants pour fonctionner correctement.

En clair, là où avant les majors avaient le controle total sur la diffusion des contenus (diffusion via radios et télés reversant des droits, vente des CD chez les disquaires), celui-ci leur échappe totalement avec internet.
Mais ils se sont fait prendre à leur propre jeu : à force de nous asséner les mêmes "tubes" à la radio, en espérant qu'on finisse par les acheter ("vous n'êtes pas raisonnables, non plus" en disait d'ailleurs Coluche), on finit par avoir envie de les écouter tout le temps sur notre balladeur MP3 sans marque. Et comme aucune offre légale ne le permet... on se tourne vers la seule méthode qu'il reste : le téléchargement sur Internet.
Comment d'ailleurs interdire aux gens d'accéder à des morceaux qu'on leur assène - gratuitement ! - tous les jours à la radio ?

Pour autant, la vente à l'unité a son avantage (théorique) : on n'achète que ce qu'on veut / aime => un artiste en tête des ventes est théoriquement très apprécié. Si on veut récompenser un artiste, acheter son dernier "single" suffit et lui assurera une rémunération, en plus de nous permettre d'écouter sa musique ad vitam eternam. ... Toujours en théorie.
Hélas, le dieu marketing et la déesse finance sont passés par là et ont tout biaisé.

La Licence globale, sauveuse du monde ?

Honnêtement, j'en doute. Beaucoup.

Certes, elle permettra d'assurer un revenu "stable" aux créateurs et artistes malgré le caractère "gratuit" et non lucratif du téléchargement sur Internet

Mais elle a deux gros défauts :
1. Le gateau à se partager sera fixe et défini à l'avance.
Il sera peut être colossal (quelques € x les dizaines de millions d'abonnés internet), mais restera limité : quand y'en aura plus, y'en aura plus.
Impossible donc a priori pour un artiste vraiment génial et adulé par le monde entier de gagner plus que la quantité de gateau disponible... là où il aurait pu devenir très riche avec la vente à l'unité (toujours en théorie, hein).

2. Comment s'établiera la répartition des revenus ?
Faut pas se leurrer : les hommes sont des rapaces et voudront s'accaparer la meilleure part. Et certains n'hésiteront pas à utiliser les moyens les plus condamnables pour gonfler leur part du gateau.
=> Y'aura-t-il un organisme indépendant et impartial qui mesurera le "succès" des artistes à rémunérer ?
=> Sur quelle base mesurer ce succès, et quelle rémunération y attribuer ?

Le mécenat, la 3eme solution ?

C'est certainement la solution la plus prometteuse dans ce nouveau monde qu'est Internet.

Le mécenat, c'est simple : le contenu est diffusé gratuitement, mais à coté du bouton "Télécharger" il y a un bouton "Ca vous a plu ? Donnez !", menant vers le paypal de l'artiste et permettant de lui donner un petit quelque chose - ce qu'on veut.
Bien entendu, un artiste qui diffuse son oeuvre sur ce modèle la signe, et nul n'a le droit de supprimer la signature pour y mettre la sienne. Histoire que n'importe qui tombant sur le fichier quelque part sur internet puisse savoir à tout moment qui récompenser. Et comment le faire.

Ca marche depuis des années pour le logiciel libre : librement téléchargeable, modifiable et redistribuable, mais malheur à qui oserait usurper un morceau de code !

Ce modèle a beaucoup de qualités : diffusion libre de la culture et du savoir, possibilité pour tous de s'en imprégner et de créer des oeuvres nouvelles inspirées des anciennes, et possibilité de rémunérer librement et à volonté les créateurs qu'on veut.

Mais pour autant, il a un défaut : la rémunération n'est pas assurée, et absolument pas planifiable. Ce qui fait hérisser les poils de tout bon marketeux / financier qui se respecte qui préfère la sécurité d'un plan de vente de 320 000 CD sur 5 ans... Et qui utilisent ce prétexte pour produire des oeuvres à coup de millions de $ en calculant finement ce que ça leur rapportera (cf. la boite américaine qui prétend savoir combien rapportera un film en fonction de son contenu).
Tout comme on investit en bourse ou dans l'immobilier.

Et on voit ce que ça donne : oeuvres de plus en plus clonées, originalité / diversité raréfiée (les majors préfèrent mettre en avant 2 artistes qui lui rapporteront gros plutot que 25 originaux qui ne rapporteront pas beaucoup... supprimant au passage toute visibilité pour ces 25 originaux, ben oui faudrait pas non plus qu'ils concurrencent les 2 stars !)

Alors que faire ?

En discuter !
Tous. Internautes, Artistes, Industriels de la culture (oui car malgré leur connerie, ils ont quand même de l'expérience à communiquer, ne serait-ce que pour montrer l'exemple à ne pas suivre :p), etc.

Aucune des 3 solutions présentées ci-dessus ne sauvera le monde à elle seule. Mais toutes ont leurs avantages et leurs inconvénients, et un savant mélange des 3 sera plus salutaire que n'importe quelle loi ou n'importe quelle tentative d'abus de monopole.

Encore faut-ils que les majors aient la sagesse d'écouter leurs clients. Qui, je le rappellent, sont ceux qui payent...
Par AxS/Natsume
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Mercredi 5 novembre 2008
Et les artistes aussi, faut pas déconner.
Mais là n'est pas la question.

Face à l'odieux site de propagande et de désinformation lancé il y a peu par le ministère de la Culture, le sinistrement nommé www.jaimelesartistes.fr, Numérama a lancé sa parodie : http://www.jaimelesinternautes.com/index.html.

Au programme, le rétablissement de la vérité sur la loi Hadopi, et attention à ne pas prendre l'initiative pour ce qu'elle n'est pas :

"Il ne s'agit pas de défendre le piratage. Il s'agit de défendre les principes républicains les plus importants d'un Etat de droit. Aucun Etat quel qu'il soit ne devrait mettre en place une machine à condamner massivement ses citoyens (1000 internautes par jour !) sans apporter de preuve solide du délit supposé, et sans donner à l'accusé la possibilité de se défendre avant l'application de la sanction. Ni le piratage ni aucun délit ne justifie de contourner l'ordre judiciaire et les règles fondamentales des droits de la défense."

Je vous rappelle que notre bienveillant Sénat a voté la loi Hadopi en express sans corriger la plupart des failles. Nous ne pouvons plus qu'espérer un retour à la raison lors du débat à l'Assemblée Nationale en 2009, et au pire un cassage magistral par le Conseil Constitutionnel.

(source : http://www.numerama.com/magazine/11258-J-aime-les-internautescom.html)
Par AxS/Natsume
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Vendredi 31 octobre 2008
La célèbre association de consommateurs a publié hier son étude sur le projet de loi Hadopi, aussi connue sous le nom de "Répression et Internet".

Vous pourrez les trouver ici :
Loi Création et Internet - Synthèse du projet de loi Création et Internet
Loi Création et Internet - Le Téléchargement est-il vraiment responsable ?
Loi Création et Internet - La loi Création et Internet en 10 questions
Loi Création et Internet - Les 6 principaux griefs contre le projet de loi Création et Internet

Et ça confirme ce que je ne cesse d'affirmer depuis un moment : les majors sont à côté de la plaque, le téléchargement illégal n'est pas la cause des ventes du disque, et le projet de loi et toute la machinerie poussée par le gouvernement est un véritable crime contre les droits fondamentaux des individus.

Pendant ce temps là, le Sénat poursuit ses débats concernant la loi.
Il a déjà rejeté à une forte majorité un amendement visant à remplacer la suspension d'abonnement par une amende. C'est con, ça aurait pu permettre à la loi de ne pas se faire casser par l'Europe...

Affaire à suivre...

Par AxS/Natsume
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Mercredi 22 octobre 2008
L'info est relayée par PC Inpact, Numerama et Europolitique.info.

La Commission Européenne valide donc le fameux amendement 138, condamnant de fait le mécanisme de riposte graduée à la française.
Pour rappel, cet ammendement ne fait que rappeler le droit Européen qui impose qu'aucune restriction ne peut être imposée à l'encontre des droits fondamentaux et des libertés des utilisateurs finaux, sans décision préalable des autorités judiciaires, notamment conformément à l'article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne sur la liberté d'expression et d'information, sauf si la sécurité publique est menacée.

Traduction : interdiction de contourner l'ordre judiciaire en passant par une simple décision administrative pour prononcer la suspension de l'abonnement à Internet.

Que va-t-il se passer maintenant ?

Et bien en France, le Sénat va devoir examiner un texte qui est sur le point de devenir illégal en Europe. Le gouvernement fait ce qu'il peut pour pousser ce projet de loi en vitesse avant une adoption contraire en Europe, en espérant mettre tout le monde devant le fait accompli.

En Europe, le gouvernement français va devoir rassembler une majorité d'états Européens pour pouvoir supprimer cet amendement lors du prochain Conseil Européen - ce qui est loin d'être gagné. Sachant qu'en plus les eurodéputés sont tout disposés à remettre cet amendement où il était lors de la 2eme lecture du Paquet Télécom en cas de suppression par le Conseil Européen.


En clair : la France va probablement se 'forcer' à adopter une loi liberticide et condamnée par l'Europe, et se manger une énième condmanation par la suite. nos politiques pourront alors se plaindre "Mais heu, l'Europe elle est méchante ! Elle ne nous permet pas de faire ce qu'on veut !"

On a l'habitude à force...
Par AxS/Natsume
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Lundi 20 octobre 2008
C'est aujourd'hui qu'Eric Besson rendait sa copie pour son plan sur l'Economie Numérique. Peu de gens s'en préocuppent, mais rappelons tout de même qu'il s'agit d'un des rares domains porteurs de croissance en France, et surtout un domaine d'avenir.

Le plan intégral est disponible au format PDF ici : http://www.pcinpact.com/document/FRANCE_NUMERIQUE_2012.pdf (80 pages)

Au menu et en vrac : Toujours la promo d'Hadopi et des DRM soit-disans les seuls à même d'assurer le respect de la chronologie des sorties en audi-visuel, 100% des Français connectés à Internet haut débit d'ici 2010, aucune mention au logiciel libre pourtant élément important de l'économie numérique, et bien d'autres choses à découvrir.

Du bon et du moins bon, comme on s'y attendait.

A première vue, on peut s'étonner de la volonté de vouloir connecter 100% des français tout en leur pondant une autorité qui pourra supprimer 3 millions d'abonnements par an (Hadopi, "calibrée" pour gérer le cas de 10000 abonnés par jour...)
Ca plus le coup des DRM toujours censés sauver le monde, alors qu'on l'a dit maintes fois : les DRM n'emmerdent que les clients honnêtes, pas les pirates qui les ont déjà cassés et diffusé le contenu protégé...

(source : http://www.pcinpact.com/actu/news/46757-plan-numerique-2012-integrale-besson.htm)
Par AxS/Natsume
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Jeudi 16 octobre 2008
Voilà, c'est donc décidé.
Osef de l'Europe et des tractations en cours, on le fait quand même, quitte à le passer en force en France et quitte à se foutre l'Europe à dos.
Après tout, avec tout le monde qui s'est soulevé contre ce projet de Loi, notre gouvernement n'est plus à ça près.

En passant, remercions notre chère ministre de la culture pour la belle tête à claque dont elle nous gratifie sur la photo.

(source : http://www.numerama.com/magazine/10862-La-loi-Creation-et-Internet-sera-debattue-le-29-octobre-au-Senat.html)
Par AxS/Natsume
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Jeudi 16 octobre 2008
"[Il] convient de refuser l'installation de verrous techniques qui est illégale, pénalise uniquement les consommateurs et n'est pas la solution adéquate au problème réel de la contrefaçon et du marché parallèle. [En] faisant pression sur les décideurs politiques et économiques pour légaliser ces systèmes de verrouillage, les gros labels vont à l'encontre de la révolution technologique et de l'évolution naturelle des modes de consommation."
- Eric Besson, avant qu'il ne soit nommé secrétaire d'état à l'économie numérique.

Visionnaire ? En tout cas très sage. ... seulement voilà, ça n'aura pas duré. La souillure Sarkozienne aura eu raison de M. Besson.
En effet, il devrait présenter le plan Sarkozien de développement de l'économie numérique d'ici la semaine prochaine. Et devinez quoi ? Outre un soutien inconditionnel au projet Hadopi (ça vous surprend encore ?), ce plan viserait à remettre au gout du jour les DRM, ces fameux verrous numériques qui posent tant de problèmes.

Encore une fois, je le répète : les DRM ne servent qu'à emmerder les consommateurs honnêtes. Pendant que ces derniers s'arrachent les cheveux à essayer de jouir d'un produit qu'ils ont acheté légalament, les "pirates" eux s'en sont déjà affranchis et diffusé les oeuvres sans protection sur la toile.
C'est ainsi et ça sera toujours ainsi. Le monde a changé. La seule solution pour éviter cet état de fait est de supprimer Internet.


Autre proposition phare du plan, la mise en place d'un répertoire national des oeuvres qui servirait de base au filtrage de contenu sur la toile. On peut déjà emettre des doutes sur l'accessibilité de ce répertoire qui ne servira au final qu'à protéger les interets d'une minorité friquée.
Car en théorie, selon les principes de la propriété intellectuelle, toute oeuvre appartient à son auteur dès sa pubication : cet article, un morceau de musique, une photo... Donc, nous pourrions tous faire répertorier nos oeuvres auprès de ce répertoire national. Dans le cas contraite où il ne serait réservé qu'à une poignée de privilégiés, ça constituerait une rupture du principe d'égalité, et donc serait inconstitutionnel...
Donc illégal.

Affaire à suivre, mais on n'est pas sortis de l'auberge avec un gouvernement pareil.

(source : http://www.numerama.com/magazine/10856-Le-Plan-Besson-preconiserait-les-DRM-et-un-repertoire-des-oeuvres.html)
Par AxS/Natsume
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Mardi 14 octobre 2008
"[Les entreprises devront à l'avenir] distribuer gratuitement la propriété intellectuelle pour vendre des services et des relations".
-
Esther Dyson, journaliste, 1994.

Elle est citée par le nouveau prix Nobel d'économie, Paul Krugman dans un éditorial du New York Times.

1994, ça commence à faire un bail. Et pourtant, c'est on ne peu plus pertinent : les logiciels libres fonctionnent déjà sur ce principe. Les produits sont libres de droits, et par la même accessibles gratuitement (même si ça n'est pas une obligation). Par contre, les entreprises de logiciels libres vendent des services de support et de maintenance de ces logiciels, s'assurant du coup une rémunération qu'ils ne peuvent plus obtenir en vendant l'oeuvre elle même.
-> Tout le monde peut télécharger une distribution linux. Mais combien d'entreprises ont les compétences nécessaires pour le déployer sur de nombreuses machines, l'adapter aux besoins de la boîte et en assurer la maintenance ?

Internet et l'informatique permettent une dématérialisation des oeuvres intellectuelles, et par la même de pouvoir les "copier" à l'infini et à moindre coût, et à diffuser les copies en un temps infime.
C'est un fait, c'est ineluctable et toute tentative de lutter contre ce courant est vaine et vouée à l'echec.

Mais alors comment "s'assurer" un revenu pour ses oeuvres si on ne peut plus les vendre directement ?
P. Krugman cite encore d'autres visionnaires qui dès 1990 disaient que
"quel que soit le produit (logiciel, livres, musique, films), le coût de la création devra être récupéré indirectement".

Quels peuvent donc être ces "revenus indirects" ?
Sur le web, il n'y a pas 36 solutions. Il y en a même deux principales :
- Faire payer le produit ou le service
- Se faire rémunérer par la pub. On fait ainsi payer un espace publicitaire généré par la mise à disposition d'un produit ou d'un service.

La 2eme solution est utilisée ouvertement par de nombreuses plateformes de streaming actuelles : Deezer, MySpace, etc. qui ont fini par signer des contrats avec les majors.

Mais la 1ere est peut être paradoxalement celle qui offre le plus de possibilités et qui pourrait être la plus efficace.
Une idée d'avenir a déjà été mise en place par Radiohead : ils ont diffusé sur internet leur dernier album sans DRM, en laissant les "clients" libres de choisir le montant qu'ils souhaitaient payer, voire de ne rien payer du tout.
Et les résultats ont été plutôt encourageants : la presse a fait écho d'environ 33% de téléchargements payés, pour un revenu moyen de 8$ (chiffres à confirmer, je ne retrouve plus les articles qui les mentionnaient).
8$, c'est plus que ce que le groupe aurait gagné avec les voies traditionnelles.

L'idée est lancée : assurer à chaque artiste ou créateur d'une oeuvre intellectuelle de pouvoir signer son oeuvre, afin que quiconque souhaitant le récompenser puisse le faire, mais sans y être contraint.
Les développeurs de Logiciels Libres laissent déjà leurs noms dans les codes sources auxquelles ils contribuent, et il est toujours possible de leur reverser quelque chose si on le souhaite...

Cette méthode est peut être celle qui "sauvera" la situation. Chacun d'entre nous aura donc la possibilité de remercier un artiste qui lui aura fait plaisir, selon son désir et ses moyens.


(source : http://www.numerama.com/magazine/10833-Le-Nobel-d-economie-P-Krugman-favorable-au-telechargement-gratuit.html)
Par AxS/Natsume
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Lundi 13 octobre 2008
Presque 15 jours se sont écoulés maintenant. Et il y a eu beaucoup de rebondissements !

D'un coté, nous avons :
- N. Sarkozy, Président de la République Française et futur Empereur suprême de la Terre, de l'Univers et de tout le reste (du mois c'est l'envie qu'il montre)
- C. Albanel, ministre de la Culture
- les "industries de la Culture", aka majors du disque, industriels et lobbyistes qui tentent d'imposer un retour au XXe siècles pour l'an prochain
- Ceux qui les soutiennent (forcés ou non)

De l'autre (dans le désordre) :
- Les internautes, les consommateurs, les gens normaux
- Les différentes organisations de défense de la vie privée (CNIL, etc.)
- Les différents organismes gouvernementaux et Européens (Parlement Européen, Conseil d'Etat, etc.)
- Les industriels des nouvelles technologies (FAI, entreprises du web 2.0, etc.)

Et au milieu, la Culture, les oeuvres (principalement audiovisuelles) et les artistes, à l'ère numérique.

L'origine du problème

...vient d'industries qui se prétendent "de la Culture" (majors du disque, représentants d'ayant-droits). Elles ont laissé depuis des années échapper le nouveau monde numérique, aveuglées par leur toute puissance et leur contrôle quasi absolu des oeuvres audiovisuelles.
Au siècle dernier, si un chanteur voulait se faire connaître du grand public, sa seule solution était de décrocher un contrat avec une des majors du disque en place. Le fameux sésame lui ouvrant la porte des radios populaires, de la production massive de disques, et donc une possibilité de succès.
A cette époque, internet n'existait pas ou n'avait pas le succès d'aujourd'hui, et pour accéder à la Culture les gens n'avaient que les médias tradtitionnels.
Les Majors du disques étaient à même de faire leur travail : permettre à un artiste de valoriser son oeuvre et de la faire connaitre du plus grand public.

De nos jours, tout a changé, grâce à Internet.

Abolition des frontières. Multiplication des échanges. Nous ne sommes plus à la merci du bon vouloir de producteurs ou de directeurs de programmes, nous pouvons diffuser des informations nous mêmes et choisir ce que nous voulons voir, lire ou entendre.
Avec ces nouvelles possibilités sont arrivés de nouveaux besoins pour le consommateur moyen. Comme par exemple le fait de pouvoir écouter plusieurs albums différents mélangés dans une liste... sans avoir à changer de CD toutes les 3 minutes (merci les balladeurs mp3).

Le monde entier s'est adapté à cette nouvelle donne. Les industriels (-> téléphonie, électronique, etc.), les consommateurs (forcément), les sociétés de services, les banques...
Tous ? Non. Une famile d'industriels résiste encore et refuse d'évoluer : les industries de la culture. Elles ont refusé pendant des années à répondre à la nouvelle demande des comsommateurs. Mathématiquement, ceux-ci se sont donc débrouillés comme ils le pouvaient.

La connerie des industries de la culture

Dans un monde libéral "normal", toute industrie s'offrant le luxe de ne pas répondre à la demande de ses propres consommateurs commettrait une erreur fatale et finirait par mourrir dans la douleur.
-> Pas de client, pas de chiffre d'affaire. Pas de chiffre d'affaire, pas d'argent. Pas d'argent, faillite.

Mais plutot que de réparer leur erreur et de tenter de rattraper le temps perdu, les industries du disque ont persisté dans leur horreur : elles qui avaient un quasi monopole de la culture au siècle dernier ont donc cherché par tous les moyens à le conserver.
"Vous n'êtes que des cons et c'était mieux avant. Nous ne voyons pas pouquoi nous nous bougerions le luc..." aurait-on même pu les entendre dire.

Et de là, tous les moyens sont bons : les pirates d'internet font chuter les ventes du disque !!! Il faut verrouiller les CD, DVD numériquement pour empecher les gens de les copier, quitte à les rendre inutilisables !!! Il faut forcer les industriels à prendre des mesures pour nous aider !!!
Argh, les gens copient quand même. Vite, il faut taxer les materiels de stockage - au pire ça sera toujours ça de gagné !!!
A l'aide, les juges sont trop longs à agir et pas assez conciliants. En plus les pirates ont le droit de se défendre, sacrilège !!!
Politiques, aidez-nous, les gens sont trop cons !!!


Les gens veulent pas acheter ? On leur envoie les avocats pour les forcer.

La suite, on la connait : DADVSI, projet de loi Hadopi en France, tentatives de perversion du Paquet Télécom en Europe, traité ACTA au niveau mondial... Les industries de la Culture usent de toutes les pressions possibles pour entériner leur vue des choses, pour leur propre bénéfices et au détriment de tout le monde.
Certains politiques rallient leurs rangs : c'est le cas hélas de notre cher président Sarkozy, garant de la Constitution Française et ardent défenseur des principes et des valeurs de libertés et de droits de l'Homme si chers à la France. Quitte à se mettre tout le monde à dos, il envoie ses troupes faire respecter la vision de ses amis majors.
"Arretez Internet, ils ne parlent pas de moi en bien ni selon ma volonté. Achetez des CD inutilisables. Et si vous n'êtes pas d'accord, cassez-vous pauvres cons !"
... jusqu'à se faire rembarrer par la Commission Européenne - lui rappelant au passage que les frontières de la Sarkozie s'arrêtent là où celles de l'Europe commence et qu'il y a des règles de fonctionnement à respecter.

Les artistes en otage

Et pendant ce temps là, les artistes se rendent compte que les industries de la Culture censées leur permettre de valoriser et diffuser leurs oeuvres les ont trahies et ne font plus leur travail. Au point de devoir fonder un syndicat et réclamer la restitution des droits sur leurs propres oeuvres !

Et oui, si au siècle dernier il fallait passer par une major, Internet permet maintenant de diffuser sa musique à moindre frais et au monde entier d'un coup. (cf. cas Radiohead). Mais ils ne le peuvent pas, car leurs contrats avec les majors les lient pour des années, et ils sont obligés de subir l'immobilisme et l'incompétence de gens qui refusent obstinément de faire ce pour quoi ils sont payés à l'origine : diffuser et valoriser les oeuvres culturelles. Voir même à devoir les défendre envers et contre tous...

En face, les "consommateurs" qui ne souhaitent que pouvoir écouter de la musique, passer de bons moments, et pouvoir rétribuer des artistes qui leur auront fait plaisir, voient les offres "légales" arriver lentement, et la plupart du temps pourries de DRM les empechant de profiter pleinement de morceaux qu'ils ont acheté (cf. impossible de mettre un morceau acheté sur son baladeur MP3 sans marque... saur à acheter un baladeur de la même marque que le site où on a acheté le morceau)



On en est là.
L'industrie de la culture se reveille trop tard. Elle espère encore que les politiques la sauveront en adoptant des lois irrespectueuses des droits de l'Homme. Mais elle fait lentement marche arrière à chaque fois que le monde entier lui rappelle les règles.

Hadopi ne doit pas passer. C'est une horreur contre nature, violant les droits fondamentaux des citoyens. Qui plus est, elle coute cher, est dors et déjà inappliquable, et ne sauvera pas les industries du disque de leur propre incompétence...
Le problème, c'est que notre président a décidé de l'imposer au monde. Quitte à utiliser toutes les basses maneouvres dont il dispose. Quitte à détruire un des rares domaines porteurs de croissance en France...
Tout ça pour "sauver" ses amis qui refusent de faire leur travail...


(sources : www.numerama.com, www.pcinpact.com, www.laquadrature.net)
Par AxS/Natsume
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