Presque 15 jours se sont écoulés maintenant. Et il y a eu beaucoup de rebondissements !
D'un coté, nous avons :
- N. Sarkozy, Président de la République Française et futur Empereur suprême de la Terre, de l'Univers et de tout le reste (du mois c'est l'envie qu'il montre)
- C. Albanel, ministre de la Culture
- les "industries de la Culture", aka majors du disque, industriels et lobbyistes qui tentent d'imposer un retour au XXe siècles pour l'an prochain
- Ceux qui les soutiennent (forcés ou non)
De l'autre (dans le désordre) :
- Les internautes, les consommateurs, les gens normaux
- Les différentes organisations de défense de la vie privée (CNIL, etc.)
- Les différents organismes gouvernementaux et Européens (Parlement Européen, Conseil d'Etat, etc.)
- Les industriels des nouvelles technologies (FAI, entreprises du web 2.0, etc.)
Et au milieu, la Culture, les oeuvres (principalement audiovisuelles) et les artistes, à l'ère numérique.
L'origine du problème
...vient d'industries qui se prétendent "de la Culture" (majors du disque, représentants d'ayant-droits). Elles ont laissé depuis des années échapper le nouveau monde numérique, aveuglées par
leur toute puissance et leur contrôle quasi absolu des oeuvres audiovisuelles.
Au siècle dernier, si un chanteur voulait se faire connaître du grand public, sa seule solution était de décrocher un contrat avec une des majors du disque en place. Le fameux sésame lui ouvrant la
porte des radios populaires, de la production massive de disques, et donc une possibilité de succès.
A cette époque, internet n'existait pas ou n'avait pas le succès d'aujourd'hui, et pour accéder à la Culture les gens n'avaient que les médias tradtitionnels.
Les Majors du disques étaient à même de faire leur travail : permettre à un artiste de valoriser son oeuvre et de la faire connaitre du plus grand public.
De nos jours, tout a changé, grâce à Internet.
Abolition des frontières. Multiplication des échanges. Nous ne sommes plus à la merci du bon vouloir de producteurs ou de directeurs de programmes, nous pouvons diffuser des informations nous
mêmes et choisir ce que nous voulons voir, lire ou entendre.
Avec ces nouvelles possibilités sont arrivés de nouveaux besoins pour le consommateur moyen. Comme par exemple le fait de pouvoir écouter plusieurs albums différents mélangés dans une liste... sans
avoir à changer de CD toutes les 3 minutes (merci les balladeurs mp3).
Le monde entier s'est adapté à cette nouvelle donne. Les industriels (-> téléphonie, électronique, etc.), les consommateurs (forcément), les sociétés de services, les banques...
Tous ? Non. Une famile d'industriels résiste encore et refuse d'évoluer : les industries de la culture. Elles ont refusé pendant des années à répondre à la nouvelle demande des comsommateurs.
Mathématiquement, ceux-ci se
sont donc débrouillés comme ils le pouvaient.
La connerie des industries de la culture
Dans un monde libéral "normal", toute industrie s'offrant le luxe de ne pas répondre à la demande de ses propres consommateurs commettrait une erreur fatale et finirait par mourrir dans la
douleur.
-> Pas de client, pas de chiffre d'affaire. Pas de chiffre d'affaire, pas d'argent. Pas d'argent, faillite.

Mais plutot que de réparer leur erreur et de tenter de rattraper le
temps perdu, les industries du disque ont persisté dans leur horreur : elles qui avaient un quasi monopole de la culture au siècle dernier ont donc cherché par tous les moyens à le conserver.
"Vous n'êtes que des cons et c'était mieux avant. Nous ne voyons pas pouquoi nous nous bougerions le luc..." aurait-on même pu les entendre dire.
Et de là, tous les moyens sont bons : les pirates d'internet font chuter les ventes du disque !!! Il faut verrouiller les CD, DVD numériquement pour empecher les gens de les copier, quitte à les
rendre inutilisables !!! Il faut forcer les industriels à prendre des mesures pour nous aider !!!
Argh, les gens copient quand même. Vite, il faut taxer les materiels de stockage - au pire ça sera toujours ça de gagné !!!
A l'aide, les juges sont trop longs à agir et pas assez conciliants. En plus les pirates ont le droit de se défendre, sacrilège !!!
Politiques, aidez-nous, les gens sont trop cons !!!
Les gens veulent pas acheter ? On leur envoie les avocats pour les forcer.
La suite, on la connait : DADVSI, projet de loi Hadopi en France, tentatives de perversion du Paquet Télécom en Europe, traité ACTA au niveau mondial... Les industries de la Culture usent de
toutes les pressions possibles pour entériner leur vue des choses, pour leur propre bénéfices et au détriment de tout le monde.
Certains politiques rallient leurs rangs : c'est le cas hélas de notre cher président Sarkozy, garant de la Constitution Française et ardent défenseur des principes et des valeurs de libertés et de
droits de l'Homme si chers à la France. Quitte à se mettre tout le monde à dos, il envoie ses troupes faire respecter la vision de ses amis majors.
"Arretez Internet, ils ne parlent pas de moi en bien ni selon ma volonté. Achetez des CD inutilisables. Et si vous n'êtes pas d'accord, cassez-vous pauvres cons !"
... jusqu'à
se faire rembarrer par la Commission Européenne - lui rappelant au
passage que les frontières de la Sarkozie s'arrêtent là où celles de l'Europe commence et qu'il y a des règles de fonctionnement à respecter.
Les artistes en otage

Et pendant ce temps là, les artistes se rendent
compte que les industries de la Culture censées leur permettre de valoriser et diffuser leurs oeuvres les ont trahies et ne font plus leur travail. Au point de devoir
fonder un syndicat et réclamer la restitution des droits sur leurs
propres oeuvres !
Et oui, si au siècle dernier il fallait passer par une major, Internet permet maintenant de diffuser sa musique à moindre frais et au monde entier d'un coup. (cf. cas Radiohead). Mais ils ne le
peuvent pas, car leurs contrats avec les majors les lient pour des années, et ils sont obligés de subir l'immobilisme et l'incompétence de gens qui refusent obstinément de faire ce pour quoi ils
sont payés à l'origine : diffuser et valoriser les oeuvres culturelles. Voir même à devoir les défendre envers et contre tous...
En face, les "consommateurs" qui ne souhaitent que pouvoir écouter de la musique, passer de bons moments, et pouvoir rétribuer des artistes qui leur auront fait plaisir, voient les offres "légales"
arriver lentement, et la plupart du temps pourries de DRM les empechant de profiter pleinement de morceaux qu'ils ont acheté (cf. impossible de mettre un morceau acheté sur son baladeur MP3 sans
marque... saur à acheter un baladeur de la même marque que le site où on a acheté le morceau)
On en est là.
L'industrie de la culture se reveille trop tard. Elle espère encore que les politiques la sauveront en adoptant des lois irrespectueuses des droits de l'Homme. Mais elle fait lentement marche
arrière à chaque fois que le monde entier lui rappelle les règles.
Hadopi ne doit pas passer. C'est une horreur contre nature, violant les droits fondamentaux des citoyens. Qui plus est, elle coute cher, est dors et déjà inappliquable, et ne sauvera pas les
industries du disque de leur propre incompétence...
Le problème, c'est que notre président a décidé de l'imposer au monde. Quitte à utiliser toutes les basses maneouvres dont il dispose. Quitte à détruire un des rares domaines porteurs de croissance
en France...
Tout ça pour "sauver" ses amis qui refusent de faire leur travail...
(sources :
www.numerama.com,
www.pcinpact.com,
www.laquadrature.net)