Vendredi 15 mai 2009
Le conseil constitutionnel n'a pas encore rendu son avis sur la loi Hadopi (et j'espère qu'il censurera toutes les parties qui fachent...) que les attaques contre Internet même continuent.

Cette fois, c'est dans la prochaine loi LOPPSI 2 (Loi d’Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure) que ça se passe.
La loi préparée par le ministère de l'Intérieur, et qui ne vise plus à protéger les interets financiers des majors du disques, mais cette fois à lutter contre la criminalité en général, et sur Internet en particulier.

Et ça fait peur : Là où Hadopi avait ouvert la boite de Pandore du filtrage et de la surveillance généralisée du web par le gouvernement, LOPPSI va plus loin : avec le classique prétexte de la pédophilie et du terrorisme, le gouvernement veut tout simplement imposer aux FAI de bloquer l'accès à certains sites jugés dangereux pour le grand public. La liste des sites à bloquer étant bien entendue définie par le gouverment, avec les abus qu'on peut imaginer et qui ne manqueront pas d'arriver.

Or on sait que le filtrage d'Internet n'est pas efficace. Il n'existe pas de solution infaillible et absolue, et toutes les solutions connues et déjà testées sont soit totalement inneficaces car contournées facilement, soit ont des effets de bord désastreux sur des sites parfaitement légaux (cf. l'affaire Wikipédia / Scorpions)

En somme, le gouvernement va définitivement enterrer le principe fondamental de Neutralité du net. Au point de tout détruire. Il n'est pas à ça près.


Et après tout ça se tient : Internet est le seul vecteur d'échange et d'expression libre et massif que notre Empereur Sarkozy ne peut contrôler. C'est l'essence même d'Internet.
Et Sarko ne peut souffrir une telle ombre à son pouvoir absolu. Lui qui par force de manipulations, magouilles, arrangements, copinages s'est déjà assuré la main mise sur tous les pouvoirs (politiques, financiers, médias...) en France, cherche à maitriser enfin le dernier bastion qui lui résiste. Ou à défaut, à le détruire.

Et dire que ce mec est le garant de notre Constitution, et est censé porter devant le monde nos valeurs fondamentales de liberté, égalité, fraternité...

Par AxS/Natsume - Publié dans : SVP, il faut vraiment nous laisser maintenant ! - Communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Mardi 12 mai 2009
Le vote solennel de la loi Hadopi devrait avoir lieu cette après midi. On saura alors quel député aura eu le courage d'aposer son nom pour ou contre la loi.

Il y a peu de chances d'avoir à faire à un autre miracle, à savoir un rejet définitif de la loi.
Par contre, le Conseil Constitutionnel restera notre dernier rempart et censurera très certainements les dispositions anti démocratiques comme le logiciel espion gouvernemental obligatoire, le filtrage d'internet, et bien entendu, la suspension de la connexion tout en devant payer l'abonnement et en partant en taule.

En attendant, l'après Hadopi se dessine, et Robert Casterby de Numerama a élaboré une série d'antidotes à la loi :
(repris d'ici : http://www.numerama.com/magazine/12873_2-Hadopi-vote-solennel-des-deputes-vers-16H30.html#ac_newscomment)


http://www.dailymotion.com/user/sebmusset/...-lhadopi_webcam

LES ANTIDOTES contre HADOPI !!!!!


Antidote n°1 : Ne pas avoir peur

Oui la Science des Mathématiques est formelle :
HADOPI prévoit, en vitesse de croisière, 10.000 emails d'avertissement par jour.
Sachant qu'au moins 5 millions de français utilisent le P2P régulièrement, vous recevrez donc, en moyenne, un email d'avertissement tous les 500 jours soit tous les ....16 mois.
Sachant que les compteurs HADOPI sont remis à 0 tous les 6 mois, vous pouvez dormir tranquille ... PC allumé bien sur.
Sachant qu'HADOPI n'arrivera jamais à envoyer 10.000 mails par jour, vous pouvez même faire la grasse matinée.

Antidote n°2 : Contester systématiquement
Votre contestation est nulle car non prévue dans cette "loi".
Contestez quand même.
Réponses possibles au mail ou à la lettre :
-vous n'avez pas Internet,
-vous ne comprenez pas leur email,
-Satan a piraté votre Wifi,
-si ce n'est pas Satan, c'est son frère, ou sa s��ur, ou les 2,
-vous n'êtes pas un numéro, ni une adresse IP
-ce n'est pas votre IP mais celle du voisin (donnez un nom),
-à cette date là, vous étiez en vacances en Espagne (insérez des photos, minimum 10 Mo par photo),
-demandez leur si le mail vient bien de HADOPI car vous avez peur du phishing,
-vous ne voulez pas achetez leur produit car vous avez déjà un Hadopi chez vous,
etc ....

Aucun système administratif ne peut faire face à 20.000 contestations par jour : 10.000 x 2 car vous n'oublierez pas de contester par 2 mails séparés:
1 mail pour contester, 1 mail pour confirmer la contestation voire un 3eme pour leur demander s'ils ont bien pris en compte vos mails ou pour relancer ... etc.
La prévention c'est important : Contestez même si vous n'avez pas reçu de mails.
Essayez d'être aussi cons qu'eux, il y a encore de la marge.

En attendant, la mise en place de la Loi, vous pouvez vous entrainer sur ces emails :

* friester@assemblee-nationale.fr
* flefebvre@assemblee-nationale.fr
* pgosselin@assemblee-nationale.fr
* philippegosselin50@orange.fr


Antidote n°3 : Voter
Aux prochaines élections et ce jusqu'au retrait de cette «loi» :
Votons et catapultons les, loin, très loin, là-bas, sur la Lune.

Inscrivez vos élus fautifs à ce beau voyage : Par courtoisie, envoyez également un email à votre député pour l'informer que vous ne renouvellerez pas son CDD, ainsi que celui de ses collègues, à l'occasion des prochaines élections.


Antidote n°4 : Le Streaming Vidéo
* Facilité : 5/5
* Avantage : catalogue important
* Inconvénient : parfois beaucoup de publicité
* Suggestion : installer un câble HDMI entre le PC et la TV.


Antidote n°5 : La Musique en ligne
* Facilité : 5/5
* Avantage : catalogue important
Si, vous avez vraiment besoin du fichier mp3, voici une méthode imparable et indétectable :
Contourner Hadopi en 27 secondes sous Linux ou Windows :
http://www.mindoverflow.fr/2009/03/contour...en-27-secondes/

Télécharger 1 musique en streaming avec 1 ligne de code sous Linux
http://www.insolegeek.com/07/04/2009/telec...ode-sous-linux/

Antidote n°6 : Les sites de stockage en ligne
* Facilité : 4/5
* Avantage : catalogue important, méthode imparable (sauf à mettre en place une surveillance des flux qui n'est pas encore à l'ordre du jour).

Voici les 2 principaux sites de stockage :
RapidShare
MegaUpload

Voici les moteurs de recherche qui vont avec :
Fileonfire
GammaFiles

.... sans oublier les inévitables astuces :
MegaUpload : Télécharger sans limite et en simultané
http://www.sicw-news.com/2009/03/telecharg...-simultane.html

Upload Mirrors - Uploadez sur 12 sites de stockage en même temps !
http://www.insolegeek.com/09/04/2009/uploa...-en-meme-temps/

Antidote n°7 : Le P2P sécurisé

Omemo : Le méga serveur de fichier P2P
http://www.korben.info/jai-teste-pour-vous...chiers-p2p.html

Presse : La loi antipiratage se casse les dents sur le P2P crypté
http://www.lexpansion.com/economie/actuali...pte_156259.html

Antidote n°8 : Changer d'adresse IP

Cyber Résistance : Anonyme en 2 minutes
http://linuxmanua.blogspot.com/2009/03/cyb...-2-minutes.html
Double effet garanti : Non seulement vous êtes hors de portée des erreurs de l'HADOPI mais en plus cela va les faire chier.


Antidote n°9 : Neutralisation du Logiciel Espion d'HADOPI

Vous ne souhaitez pas que l'Etat espionne vos communications ?
Néanmoins, mettre sur son PC le logiciel espion d'HADOPI sera quasi obligatoire si vous souhaitez vous disculper en cas d'accusation erronée de HADOPI.

Voici la solution :
VirtualBox (Wikipedia) permet de faire tourner un 2ème système d'exploitation sur son PC. Autrement dit, il créé un second PC virtuel sur votre PC.

Installez VirtualBox (Windows, Mac, Linux) et enfermez y le mouchard d'HADOPI. Celui-ci sera donc bien installé sur votre PC mais il n'enregistrera rien.

Concernant ce fameux logiciel espion obligatoire, la confusion est encore totale : En effet, notre Ministre, Mme Albanel ne connait pas encore vraiment la différence entre logiciels parefeu, espion, antivirus, suite bureautique .. etc.

N'hésitez pas à les contacter pour savoir ou ils en sont :

Ministère de la culture et de la communication
3 rue de Valois - 75033 Paris Cedex 01
Téléphone : + 33 1 40 15 80 00 (7/7 24/24)


Antidote n°10 : Propagez massivement ces antidotes !
Par AxS/Natsume - Publié dans : Economie numérique
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Mercredi 6 mai 2009
Et pan, c'est tombé tout frais d'aujourd'hui même : il semblerait que l'amendement "138" de Bono a une nouvelle fois été adopté avec une large majorité (407 voix pour, 57 contre selon Numerama, 404 voix pour, 57 contre selon PCINpact)

Alors que cet amendement faisait l'objet de plusieurs manipulations, pressions et tentatives de compromis "mous" principalement ochestrées par le gouvernement français qui ne peut souffrir une telle menace à son projet de loi Hadopi, il a finalement encore une fois été adopté par les Eurodéputés dans sa version originelle.

Pour la 5e fois d'affilée, le Parlement Européen vote donc un texte contre la suspension de la connexion internet par une autorité non judiciaire.
Une ou deux fois, on peut encore prétendre que c'est qu'un bug dans la vie parlementaire, une "sale coup" d'une opposition qui ne cherche qu'à mettre des batons dans les roues d'un gouvernement.

Mais 5 fois d'affilée... Avec une forte majorité à chaque fois... Il me semble que la claque devrait être suffisament impreignée pour finir par avoir un effet.


Ceci dit, le roman n'en finit pas là. Le vote de cet amendement fait que le Paquet Télécom tel qu'adopté par les Eurodéputés est donc différent de celui accepté par le Conseil Européen (représentant les états membres).
Et donc, echec, impossible de l'adopter.

Par la faute de la France qui s'entete, le Paquet Télécom est donc repoussé de 3 à 6 mois, pendant lesquels il sera renégocié - potentiellement dans sa totalité.
Alors qu'au départ, ce fameux Paquet ne devait être qu'une série de directives Européennes pour cadre l'économie numérique et les télécoms au 21e siècle, sans aucun rapport avec les contenus. La France (et plus généralement les lobbies des industries culturelles) en avaient profité pour y inclure des règles concernant les contenus, en espérant ainsi légitimer certains de leurs désirs.
Grand mal leur en a pris : l'amendement Bono s'est incrusté et a transformé leur petit désir en cauchemard. 5 fois d'affilée. Par une large majorité des représentants des citoyens européens.

On connaissait déjà le "Ah bon, vous avez osé voter non ?? Pas grave. On vous fera revoter jusqu'à ce que vous votiez oui !". Mais à 5 claques d'affilées...
Par AxS/Natsume - Publié dans : Yeeepah ! - Communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Mardi 28 avril 2009
"Big Brother is watching you !"

Les auteurs de SF ont depuis longtemps imaginé les divers scénarios de dérives possibles dans le futur.
Et aujourd'hui, c'est sur le présent qu'ils compte alarmer leurs contemporains.

Nombre d'entre eux ont écrit une lettre pour dénoncer la loi Hadopi et ses dérives, dont la surveillance généralisée de la vie privée des français, le tout sans régler les problèmes de rémunération des auteurs.
Leur lettre est disponible ici : http://generationscience-fiction.hautetfort.com/archive/2009/04/25/qui-controlera-le-futur.html.

J'avoue, j'aimerais pouvoir être cosignataire de cet appel, étant moi aussi un peu auteur de SF quelque part.
Enfin, pour le moment ma seule oeuvre "lisible" se trouve ici : http://nve-ibabajion.over-blog.com, mais j'avoue que cet appel m'a redonné l'envie de continuer à écrire.
Par AxS/Natsume
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Mardi 28 avril 2009
L'idée parait impossible dans un pays comme le notre, et pourtant, ça pourrait se produire plus vite qu'on ne le pense.

Le projet de loi Création et Internet a repris son cours à l'assemblée, avec une première étape un passage en comission des lois de la version Assemblée Nationale de mars dernier.
Comme on pouvait s'y attendre, le gouvernement n'a pas apprécié qu'un groupe de sales gauchistes se permette de rejeter son bébé, et s'est donc attelé à supprimer tout adoucissement apporté par les députés en première lecture, comme la suppression de l'obligation de payer son abonnement s'il est suspendu par Hadopi ou l'amnistie des téléchargeurs pour les faits remontant à avant l'adoption de la loi.
Ces mêmes adoucissements qui avaient été supprimés par la Commission Mixte Paritaire en charge d'accorder les violons entre sénateurs et députés, et qui avait provoqué l'ire des députés et mené au rejet de la loi.

Notre cher gouvernement s'entete, donc, à faire passer le texte le plus dur possible. C'en devient même une question d'honneur pour lui.

Mais ce n'est pas ça le plus grave.
Le plus grave dans cette loi, ce sont toutes les mesures annexes à la suspension de connexion. Ces petits points incidieux qui se cachent derrière les rideaux du coeur de la loi. J'ai nommé :
- Le filtrage d'internet (labellisation selon approbation du gouvernement, etc.)
- La surveillance par le gouvernement de TOUS les ordinateurs de France.
Le tout selon la seule volonté de notre Empereur, qui sera donc le seul à décider qui doit vivre ou mourir sur Internet.

Oui, demain nous serons tous obligés par la loi à installer et éxécuter en permanence un logiciel approuvé par le gouvernement, et qui communiquera en permanence avec un serveur du gouvernement pour que ce dernier soit assuré que ledit logiciel tourne bien sur notre machine.

De là à vouloir surveiller la vie privée de tous les français, il n'y a qu'un pas, que Sarkozy souhaite franchir avec la loi LSI préparée par le ministère de l'intérieur. Celle là qui se basera sur les fondements d'Hadopi pour imposer à tous un filtrage et une surveillance systématique de nos échanges sur internet, d'abord pour empecher les sites pédophiles, et ensuite pour toute application qui plaira à notre Empereur et à ses petits amis.

Frank Riester, le rapporteur de la Loi Hadopi à l'assemblée aurait même déposé un amendement visant à surveiller et analyser tout échange par mail en France ! Dans le but de détecter si on n'envoie pas un mp3 à son ami par mail.
Amendement curieusement rejeté par le gouvernement. Dommage... Trop gros, trop visible peut être ?


Bref, oui, d'ici quelques mois, notre gouvernement nous imposera d'installer des caméras de sécurité virtuelles dans nos maisons, nos apparements. Et toute personne qui ne s'y plierait pas risque la peine de mort virtuelle, par déconnexion par Hadopi (car l'utilisation du dit logiciel gouvernemental sera quasiment le seul moyen de défense face à une suspension de l'Hadopi, la seule preuve entendue par l'autorité pour bien montrer qu'on a sécurisé sa ligne internet, et donc qu'on n'est pas responsable d'une utilisation frauduleuse de sa connexion).


Bienvenue au doux royaume de Sarkozye.
Par AxS/Natsume - Publié dans : SVP, il faut vraiment nous laisser maintenant ! - Communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Mercredi 22 avril 2009
Et de 4 !

L'amendement 138 (désormais appelé 46) est finalement réintroduit dans le Paquet Télécom !
Par 40 voix pour, 4 contre et 2 abstentions, la Commission Industrie du Parlement européen a donc réintroduit dans le Paquet Télécom le fameux amendement voté par 88% des Eurodéputés l'an dernier, puis retiré arbitrairement par Sarko (par diverses magouilles et pressions) vu qu'il fait de l'ombre à son enfant chérie : la loi Hadopi.

C'est donc la 4e fois d'affilée que les eurodéputés votent à une large majorité contre la suspension de la connexion Internet par une autorité administrative, i.e. le coeur même d'Hadopi.

Mais ce n'est pas fini : il faut encore que le Parlement vote l'amendement en séance plénière, ce qui devrait se faire le  5 mai prochain. En même temps, en France, le vote solennel de la loi Hadopi à l'Assemblée est prévue pour le.. 5 mai aussi.
La course contre la montre du gouvernement français se poursuit, et on va avoir l'occasion de bien rigoler.
Par AxS/Natsume - Publié dans : Yeeepah !
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Vendredi 17 avril 2009
L’important dans la démocratie, c’est d’être réélu. Regardez Berlusconi, il a été réélu trois fois
- N. Sarkozy


Voilà, tout est dit. Notre cher Empereur a annoncé la couleur, tout ce qui compte pour lui, c'est d'être réélu. La responsabilité d'un poste aussi important que la Présidence de la République Française, la bonne marche du pays, le bien-être des Français, la défense de nos principes démocratiques... tout ça c'est du flan. Son Impériale Eminence s'en fout. (et dire qu'il est garant de notre Constitution...)

Cette phrase n'a pas été lancée seule : elle fait partie d'un panel d'insultes et de dénigrements à l'encontre des autres responsables politiques de ce monde (Obama, Merkel, Zapatero...), au point de provoquer le tollé de la presse internationale.

Pour les détails de la rigolade, ça se passe ici :
http://www.liberation.fr/politiques/0101562632-le-sniper-sarkozy-irrite-la-presse-anglophone
http://www.20minutes.fr/article/320585/France-Les-commerages-de-Sarkozy-epingles-par-la-presse-internationale.php
Par AxS/Natsume - Publié dans : SVP, il faut vraiment nous laisser maintenant ! - Communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Mardi 14 avril 2009
On en entend parler de puis 2005, elle est défendue par le PS (la contribution créative) et par le député Nicolas Dupont-Aignan et de nombreux collectifs, et risque même de devenir ineluctable selon Jacques Attali.

La Licence Globale, qu'est-ce que c'est ?

C'est un principe simple :
On paye une certaine somme fixe chaque mois et en échange on peut télécharger sur internet n'importe quelle oeuvre auparavant protégée par les droits d'auteurs, sans pouvoir être inquiété.

C'est à l'opposé de la vente de CD/DVD qui consistait à payer l'objet à l'unité (et les "droits" d'écoute / de visualisation qui lui sont associés), ancien modèle qui s'écroule complètement actuellement face au fameux "téléchargement illégal" sur internet.

Donc en clair, pour quelques euros par mois (montant à définir... ça serait dans les 5-10€ selon les manifestants, 40€ selon Pascal Nègre), on pourra télécharger ce qu'on veut (et qu'on trouve) sur Internet, les différents ayants-droit se partageant la part du gateau.

La vente de contenu à l'unité : un modèle en perte de vitesse

Je crois que ça n'aura échappé à personne : le CD traditionnel est un produit dépassé. Ses ventes sont en chute libres depuis des années, et pourtant l'industrie du disque refuse catégoriquement de s'adapter aux nouveaux besoins, au point d'en favoriser le téléchargement "illégal".

La version légale en ligne n'arrive pas à la hauteur des espérances des majors, et est aussi dominée par l'ogre Apple avec son iTunes, qui avait réussi à imposer un tarif unique : 0.99€ le titre. (tarif renégocié récemment lors de l'abandon des DRM).

Ce modèle de vente à l'unité est directement menacé par le nouveau mode de partage permis par Internet : le moindre contenu diffusé au public est recopiable et rediffusable à l'infini, en particulier en dehors de tout contrôle des ayants droits originels.
Et il est impossible d'empecher ça, sauf à supprimer internet lui même : les DRM sont cassés dans les jours qui suivent leur sortie au point de n'emmerder que les clients honnêtes, et les tentatives de filtrage sont soit contournables, soit ont des effets de bords trop importants pour fonctionner correctement.

En clair, là où avant les majors avaient le controle total sur la diffusion des contenus (diffusion via radios et télés reversant des droits, vente des CD chez les disquaires), celui-ci leur échappe totalement avec internet.
Mais ils se sont fait prendre à leur propre jeu : à force de nous asséner les mêmes "tubes" à la radio, en espérant qu'on finisse par les acheter ("vous n'êtes pas raisonnables, non plus" en disait d'ailleurs Coluche), on finit par avoir envie de les écouter tout le temps sur notre balladeur MP3 sans marque. Et comme aucune offre légale ne le permet... on se tourne vers la seule méthode qu'il reste : le téléchargement sur Internet.
Comment d'ailleurs interdire aux gens d'accéder à des morceaux qu'on leur assène - gratuitement ! - tous les jours à la radio ?

Pour autant, la vente à l'unité a son avantage (théorique) : on n'achète que ce qu'on veut / aime => un artiste en tête des ventes est théoriquement très apprécié. Si on veut récompenser un artiste, acheter son dernier "single" suffit et lui assurera une rémunération, en plus de nous permettre d'écouter sa musique ad vitam eternam. ... Toujours en théorie.
Hélas, le dieu marketing et la déesse finance sont passés par là et ont tout biaisé.

La Licence globale, sauveuse du monde ?

Honnêtement, j'en doute. Beaucoup.

Certes, elle permettra d'assurer un revenu "stable" aux créateurs et artistes malgré le caractère "gratuit" et non lucratif du téléchargement sur Internet

Mais elle a deux gros défauts :
1. Le gateau à se partager sera fixe et défini à l'avance.
Il sera peut être colossal (quelques € x les dizaines de millions d'abonnés internet), mais restera limité : quand y'en aura plus, y'en aura plus.
Impossible donc a priori pour un artiste vraiment génial et adulé par le monde entier de gagner plus que la quantité de gateau disponible... là où il aurait pu devenir très riche avec la vente à l'unité (toujours en théorie, hein).

2. Comment s'établiera la répartition des revenus ?
Faut pas se leurrer : les hommes sont des rapaces et voudront s'accaparer la meilleure part. Et certains n'hésiteront pas à utiliser les moyens les plus condamnables pour gonfler leur part du gateau.
=> Y'aura-t-il un organisme indépendant et impartial qui mesurera le "succès" des artistes à rémunérer ?
=> Sur quelle base mesurer ce succès, et quelle rémunération y attribuer ?

Le mécenat, la 3eme solution ?

C'est certainement la solution la plus prometteuse dans ce nouveau monde qu'est Internet.

Le mécenat, c'est simple : le contenu est diffusé gratuitement, mais à coté du bouton "Télécharger" il y a un bouton "Ca vous a plu ? Donnez !", menant vers le paypal de l'artiste et permettant de lui donner un petit quelque chose - ce qu'on veut.
Bien entendu, un artiste qui diffuse son oeuvre sur ce modèle la signe, et nul n'a le droit de supprimer la signature pour y mettre la sienne. Histoire que n'importe qui tombant sur le fichier quelque part sur internet puisse savoir à tout moment qui récompenser. Et comment le faire.

Ca marche depuis des années pour le logiciel libre : librement téléchargeable, modifiable et redistribuable, mais malheur à qui oserait usurper un morceau de code !

Ce modèle a beaucoup de qualités : diffusion libre de la culture et du savoir, possibilité pour tous de s'en imprégner et de créer des oeuvres nouvelles inspirées des anciennes, et possibilité de rémunérer librement et à volonté les créateurs qu'on veut.

Mais pour autant, il a un défaut : la rémunération n'est pas assurée, et absolument pas planifiable. Ce qui fait hérisser les poils de tout bon marketeux / financier qui se respecte qui préfère la sécurité d'un plan de vente de 320 000 CD sur 5 ans... Et qui utilisent ce prétexte pour produire des oeuvres à coup de millions de $ en calculant finement ce que ça leur rapportera (cf. la boite américaine qui prétend savoir combien rapportera un film en fonction de son contenu).
Tout comme on investit en bourse ou dans l'immobilier.

Et on voit ce que ça donne : oeuvres de plus en plus clonées, originalité / diversité raréfiée (les majors préfèrent mettre en avant 2 artistes qui lui rapporteront gros plutot que 25 originaux qui ne rapporteront pas beaucoup... supprimant au passage toute visibilité pour ces 25 originaux, ben oui faudrait pas non plus qu'ils concurrencent les 2 stars !)

Alors que faire ?

En discuter !
Tous. Internautes, Artistes, Industriels de la culture (oui car malgré leur connerie, ils ont quand même de l'expérience à communiquer, ne serait-ce que pour montrer l'exemple à ne pas suivre :p), etc.

Aucune des 3 solutions présentées ci-dessus ne sauvera le monde à elle seule. Mais toutes ont leurs avantages et leurs inconvénients, et un savant mélange des 3 sera plus salutaire que n'importe quelle loi ou n'importe quelle tentative d'abus de monopole.

Encore faut-ils que les majors aient la sagesse d'écouter leurs clients. Qui, je le rappellent, sont ceux qui payent...
Par AxS/Natsume - Publié dans : Economie numérique
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Jeudi 9 avril 2009
On l'attendait, elle est tombée par la voix du scrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, Roger Karoutchi :
"Le vote négatif de l'Assemblée nationale retarde l'adoption du texte, ça ne le bloque pas. On va repasser le texte avec une lecture à l'Assemblée et une lecture au Sénat avec un vote conforme [dans les deux chambres].
Ce texte sera de toute manière bien sûr voté. On le fera à la rentrée des vacances parlementaires"


Traduction : Enfoirés de gauchistes qui ne savent que faire de l'obstruction à la bonne marche de notre gouvernement, la loi passera, que vous le voulez ou non, bande de terroristes pédophiles pirates ! Où vous avez-vu que vous pouviez négocier ???

Le rejet de la loi n'étant évidement pas lié à la monstruosité d'un texte anticonstitutionnel violant les droits fondamentaux des Citoyens, innaplicable, coûteux, n'apportant rien aux artistes et seulement soutenu par les lobbies de certains groups refusant d'évoluer et de répondre aux besoins de leurs clients.
Non, non.
C'est juste l'acte qu'une bande de gauchistes toujours prêts à mener la moindre obstruction, rien que pour mettre des batons dans les roues du gouvernement.

La loi repart donc pour un tour, à l'Assemblée, puis au Sénat. Et on peut s'attendre à ce que toute les magouilles soientt mise en oeuvre pour que la loi passe envers et contre tous : Nul ne doit s'opposer à la volonté de l'Empereur. (et dire qu'il est aussi garant de notre Constitution... ça me fait vomir)

Ca devient une habitude chez les politiques. "Vous votez non ? Pas grave, on vous fera revoter plus tard, et plus tard, jusqu'à ce que vous votiez oui". (cf. le traité Européen...)
Merci, les citoyens vous en sont reconnaissants.

En tout cas, le camp pro-Hadopi repart de plus belle. Vu que ce n'est pas de leur faute (sic), ils peuvent continuer à déblaterer leurs idioties, plutot que de saisir la main qui leur est tendue pour organiser ENFIN un VRAI DEBAT sur le sujet.
Seule solution en mon sens pour régler le problème de la rémunération des artistes au XXIe siècle.



D'ailleurs, j'en profite pour lancer une annonce toute personnelle :
ACHETE machine à baffer, besoin urgent.
Merci.
Par AxS/Natsume - Publié dans : SVP, il faut vraiment nous laisser maintenant ! - Communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Jeudi 9 avril 2009
C'est un vrai miracle auquel je ne croyais plus : l'Assemblée Nationale a rejeté ce midi la loi Hadopi par 21 voix contre 15. Si peu ? Oui, mais ça a suffit pour rejeter un texte qui n'aurait pas passé le Conseil Constitutionnel.
Dans les détails : Le PS a voté contre, et certains députés de la majorité les ont rejoints. L'UMP - pourtant majoritaire à l'assemblée, était quasiment absent probablement trop sûr de ses forces pour daigner se déplacer. Grand bien leur a pris :D !

Maintennant que va devenir cette loi ? Est-elle morte ?

Bonne question. Une chose est sure, la loi "Création et Internet" telle qu'elle est sortie de la Comission Mixte Paritaire est morte et ne peut plus être promulguée en l'état.
On peut faire confiance à Sarko pour trouver un moyen de la faire passer quand même, et de souffler dans les bronches des députés UMP pour s'être laissés avoir de la sorte.

Mais d'ailleurs, pourquoi étaient-ils si peu nombreux lors des débats ?

Pour une raison simple, hélas rélévatrice de l'état de notre démocratie : tout était joué d'avance (ou presque). Le gouvernement ayant la majorité à l'Assemblée et au Sénat, il peut faire passer ce qu'il veut quand il veut. Il suffit juste de commander aux troupes UMP de voter pour. Point.
Au point que le parlement devient une chambre d'enregistrement des décisions du gouvernement, et par là de la volonté de l'Empereur.

Aucun amendement surprise éventuellement voté par l'opposition au nez et à la barbe de l'UMP et du gouvernement n'aurait passé la Commission Mixte Paritaire.
Pour rappel, la CMP se réunit lorsqu'une loi a été votée en deux versions différentes par le Sénat et par l'Assemblée. Comme c'est le cas pour Hadopi.
Et cette CMP est composée de 7 députés et 7 sénateurs triés sur le volet selon la composition des assemblées... et l'UMP y a une majorité absolue et a pris grand soin de placer des pro-Hadopi dedans.

Et c'est ce qui s'est passé : la CMP a durci la loi, supprimé les quelques rares amendements votés par l'Assemblée pour corriger un peu cette loi, provoquant la colère des députés.
Et le résultat qu'on connait...

En clair, il n'y avait pas besoin d'envoyer ses députés en masse lors des débats sur la loi. Envoyer les mousquetaires pour démonter point par point la loi et laisser la ministre Albanel et le rapporteur Franck Riester s'empétrer dans leurs réponses vagues suffisait amplement... en attendant le vote final.
Le seul vote où un coup d'éclat serait vraiment efficace.
Et c'est ce qui s'est produit !!!!

Que va-t-il se passer maintenant ?

Si on attend encore les réactions des pro Hadopi (Albanel, Lefebvre, majors...) - en passant, un grand MERCI a Frédéric Lefebvre dont l'absence ce midi a grandement contribué au rejet de la loi - une chose est désormais sure : le gouvernement et les pro-riposte graduée ont perdu une grande bataille de communication.

De plus en plus de français découvrent la feu loi Hadopi et toutes les horreurs qu'elle contient, et prennent conscience des dangers qu'elle représentait.

On peut d'ailleurs lire ça et là des commentaires d'internautes félicitant les "pirates qui peuvent désormais télécharger en toute impunité". Sauf que c'est complètement faux : le rejet d'HADOPI ne légalise absolument pas le téléchargement d'oeuvres protégés ! C'est toujours un délit de contrefaçon passible de 3ans de prison et de 300 000€ d'amende. Il est faux de dire qu'on peut désormais "pirater".
Il existe depuis longtemps des moyens légaux et judiciaires de punir les "pirates". L'industrie du disque a seulement souhaité sa propre justice privée pour aller plus vite, et cette "justice" lui a été refusée aujourd'hui.

Un vrai débat sur la rémunération des artistes est nécessaire.

Ce qu'il faut désormais, c'est qu'il y ait un vrai débat sur une question fondamentale : Comment, à l'ère du numérique et d'internet, permettre aux artistes d'être récompensés pour leurs oeuvres et le plaisir qu'ils nous procurent ?
Cette question est au coeur du problème, et la réponse ne doit plus être dictée par les sirènes des Majors qui étaient en charge d'y répondre, mais qui ont toujours refusé de le faire.

Artistes, les internautes ne sont pas vos ennemis, bien au contraire !
Internautes, les artistes ne sont pas non plus vos ennemis !
Les vrais ennemis sont les majors et les industriels du contenu qui refusent de prendre le virage du numérique, qui spolient les artistes avec des contrats les privant d'une meilleure rémunération (un autre exemple ici), et qui criminalisent leurs propres clients au point de pousser les politiques à voter des lois liberticides et dangereuses. Stratégie qui ne peut en aucun cas porter ses fruits.

Une première étape a été franchie aujourd'hui. Le gouvernement est en train de payer une grave erreur.
Maintenant, il faut qu'on se réunisse tous et qu'on trouve des solutions. Pour le bien-être de tous.
Par AxS/Natsume - Publié dans : Yeeepah ! - Communauté : Pour la démission de Sarkozy
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